Inondations en Côte d’Ivoire : gouvernement, élus et communauté web se mobilisent

L'honorable députée Yasmina Ouégnin et son suppléant Malick Diabaté à la rencontre des familles sinistrées de la commune de Cocody. Crédits photos : Sercom Yas

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La ville d’Abidjan a renoué avec les drames et sinistres du mois de juin. Une période pluvieuse durant laquelle inondations, éboulement de terre, écroulement de clôtures, effondrement de maisons et  pertes en vie humaine sont à déplorer. Une situation dramatique qui interpelle le gouvernement et la communauté web ivoirienne qui se mobilisent pour apporter des solutions afin de minimiser les dégâts.

Les mercredi et jeudi derniers ont particulièrement été funeste pour les populations de la capitale économique ivoirienne. La pluie diluvienne qui s’est abattue sur Abidjan a tué huit personnes et causé de nombreux dégâts matériels particulièrement dans les communes de Cocody (quartier résidentiel) et à Yopougon, un vaste quartier populaire.

La pluie diluvienne qui s'est abattue sur Abidjan a tué huit personnes et causé de nombreux dégâts matériels

Une maison écroulée à Yopougon, Niangon cité Coprim, crédit photo : Jean-Delmas Ehui

Le gouvernement ivoirien, à travers le Comité interminstériel de gestion de crises, s’est aussitôt réuni pour prendre des mesures de prévention et surtout apporter le soutien et la compassion du peuple ivoirien aux familles éplorées. En effet cinq personnes ont été ensevelies dans l’effondrement des maisons de deux familles du côté de Yopougon et trois autres personnes sont mortes écrasées par des murs qui se sont écroulés à Cocody.

Se sentant directement interpellée par le malheur qui a frappé la commune dont elle est la première représentante à l’Assemblée nationale, la députée de Cocody Yasmina Ouégnin, n’est pas resté en marge de cet élan de solidarité. Accompagnée de son suppléant Malick Diabaté et bénévoles, celle dont le leadership et la popularité de souffre d’aucune contestation, a rendu visite aux familles sinistrées pour leurs témoigner son soutien.

La députée Yasmina Ouegnin et son suppléant Malick Diabaté à la rencontre des populations de Cocody, crédits photos : Sercom Yas

Une carte  pour la géolocalisation, deux hashtags pour le fil d’actualités

Très prompte, la communauté web ivoirienne a développé une carte pour géolocaliser les zones d’inondation et créer deux hashtags suivre l’évolution des évènements sur les réseaux sociaux.

« C’est une carte thématique interactive web qui a pour but de géolocaliser les zones d’inondation d’Abidjan, en cette saison des pluies », explique Alane Konan, membre de la communauté Open street map Côte d’Ivoire, initiatrice du projet.

Pour répondre à la question de Libre Tribune sur le fonctionnement de la carte, ce jeune citoyen engagé fait essaie par des mots simples de faire comprendre que la carte est accessible à tous et facile d’utilisation.

« C’est une carte collaborative ouverte à tout citoyen capable d’ajouter un maker (point), représentant une zone inondée et y associer une image. Pour les personnes qui n’y arrivent pas du tout, elles nous envoient les images et les coordonnées de l’endroit en commentaire. Nous nous chargeons d’entrer les données ».

Cependant, Alane prend le soin de préciser que les points, parfois, ne peuvent être placés qu’à quelque précision près des zones inondées, faute de GPS sur le terrain pour identifier pile-poil la zone sinistrée sur la carte.

Suivez ce lien : comment géolocaliser une zone inondée ?

C’est une carte collaborative ouverte à tout citoyen capable d’ajouter un maker (point), représentant une zone inondée et y associer une image. Pour les personnes qui n’y arrivent pas du tout, elles nous envoient les images et les coordonnées de l’endroit en commentaire. Nous nous chargeons d’entrer les données

Carte interactive web de géolocalisation les zones d’inondation d’Abidjan

Les web activistes, blogueurs et internautes n’ont pas la carte interactive pour se mobiliser et lancer les alertes. Un hashtag #CivInonation a été créé et l’autre – #CivSocial – réactivé. Ces deux hashtags générèrent un flux denses d’informations sur les dégâts causés par les inondations, suite aux pluies diluviennes.

Images, vidéos, appels à la prudence et au civisme fusent sur Facebook et Twitter, tant le sinistre est grand et l’avenir sombre.

Appel au civisme et à la solidarité sur les réseaux sociaux

Selon le Bureau de la coordination des actions humanitaires de l’ONU (Ocha), en 2015, au moins 80.000 personnes étaient menacées par les conséquences des pluies diluviennes dans le district d’Abidjan, où les zones à risque représentent 25% de la superficie pendant la saison des pluies.

Les mercredi et jeudi derniers ont particulièrement été funeste pour les populations de la capitale économique ivoirienne.

Les rues d’Abidjan inondées des suites d’une pluie diluvienne

Des chiffres officiels mentionne que 40.000 personnes parmi les menacées vivent dans les bidonvilles du quartier huppé de Cocody, les autres se répartissant entre les vastes communes populaires de Yopougon (12.500), d’Abobo (9.500), mais aussi Attécoubé (8.000) et Adjamé (10.000).

En 2013, le gouvernement s’était engagé dans une opération visant à libérer des sites dans les zones à risque et reloger plus de 6.000 familles.

L’opération avait été estimée à 1,5 milliard de francs CFA, dont 900 millions destinés à reloger des familles victimes des inondations, à raison de 150.000 francs CFA par ménage.

Malgré ces initiatives et les opérations de sensibilisation, de sécurisation et de démolition des sites, les mesures gouvernementales ne semblent pas avoir atteint les objectifs fixés.

Des ménages récalcitrants sont toujours dans les zones à risque, évoquant pour certains (serveurs, cuisiniers, jardiniers et autres à Cocody) la proximité de leur lieu de travail ou pour d’autres la pauvreté et la crise du logement à Abidjan.

En moyenne, depuis 2009, au moins 13 personnes perdent la vie chaque année dans la ville d’Abidjan à cause des inondations avec un pic en 2014, où l’on a déploré 39 morts.

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