Je me souviens de cette rencontre avec l’écrivain Abdourahman Waberi

Le professeur Abdourahman Waberi / Spageon Ngabo - Yaga

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Il réunissait journalistes, blogueurs et consultants, cet atelier d’écriture animé par Abdourahman Waberi, du 27 au 29 juillet à Abidjan, en marge des 8e Jeux de la Francophonie. Un mois plus tard, je me souviens de cette rencontre avec l’écrivain africain à succès.

Oui, je me souviens de ce premier jour d’atelier ; le temps des découvertes et du dévoilement, le moment des mises à nu !

Il est 10h en cette matinée de jeudi quand le professeur Abdourahman Waberi se présente à ses étudiants de circonstance pour une généralité sur la narration «long fiction», une association du genre journalistique au genre littéraire pour une production romanesque qui accroche.

Abdourahman Waberi

                                       Abdourahman Waberi lors de la mise en bouche

Je me souviens de son entrée. Habillé d’une chemise bleue-ciel (les manches retroussées), un jean bleu-nuit et des sandales marrons, Abdourahman Waberi salue la salle, tout en se servant un jus de pomme dans une coupe de vin. Lunettes d’intello, le sourire aux lèvres, tête dégarnie, l’esprit vif; l’homme se révèle à son public par la déconstruction de la symbolique du nom Abdourahman ; son nom.

Nous avons appris ce jour, je me souviens, que  Abd ou Abdou signifie Serviteur et que Rahman est synonyme de Grâce. Autrement dit,  le signifiant rattaché à Abdourahman n’est rien de d’autre que l’expression « Serviteur de la Grâce », mieux, « Serviteur de Dieu » (Déogracia). Dès lors, enseigner pour ce professeur des littératures françaises et francophones et la création littéraire à George Washington University à Washington DC est un sacerdoce.

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Je me souviens que c’est sans apparat que l’auteur s’est présenté à son auditoire, pourtant auréolé d’une dizaine de prix littéraires et de reconnaissances par ses paires, tous aussi prestigieux, les uns que les autres. Des distinctions qui n’ont rien enlevé à l’humilité du très prolixe écrivain qui a à son actif treize romans et nouvelles, deux œuvres poétiques et cinq ouvrages collectifs ; dont  Aux États-Unis d’Afrique (roman), Paris, Jean-Claude Lattès, 2006, 234 p. Un titre qui laisse entrevoir la position idéologique de l’écrivain à propos des grandes thématiques liées au continent noir.

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Face au syndrome de la page blanche, je me souviens que l’auteur à la double nationalité – djiboutien et français – et  somalien de culture et langue (et donc de cœur); a livré volontiers, quelques techniques pour ne pas tomber en panne sèche d’inspiration. Que l’on soit du régime diurne ou nocturne, Abdourahman Waberi qui ne cache pas sa préférence pour le second régime, conseille le « prompt ». Ce peut être un mot (un bon comme un gros), un adjectif ou une couleur, c’est selon ! ; mais le prompt doit avoir le pouvoir de vous donner l’envie d’écrire à nouveau, de redonner vie à votre plume.

Je me souviens des exercices inspirés de Georges Perec et de Raymond Queneau qui ont permis aux participants à l’atelier, le deuxième jour, de laisser libre cours à leurs talents d’ ‘‘écrivain’’. Ainsi, Rodriguez de la délégation de la RDC, membre de la plateforme de blogueurs Habari, Spageon éditeur en kirundi  pour le compte Yaga au Burundi et moi de l’Unbci, avons-nous dans des élans lyriques, qui, relaté des souvenirs d’une rencontre amoureuse ; qui, décrit un espace, théâtre d’une fougueuse idylle ou encore la découverte d’un endroit insolite.

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Je me souviens que le troisième et dernier jour de l’atelier, après le petit déjeuner, nous avons abandonné la salle de conférence hyper classée de cette résidence feutrée des Deux Plateaux-Les Vallons pour le grand marché d’Adjamé, à la merci du soleil, des tumultes, de la sueur et des odeurs de poubelles.

Je me souviens que le Forum (c’est le nom du marché),  comme à son habitude, grouillait de monde. Nous nous sommes faufilés prudemment entre les hommes et les étals pour accéder au niveau supérieur du grand édifice à quatre étages avec autant d’entrées. Ainsi Esther, photojournaliste, avait la vue imprenable qui lui fallait pour capturer des instants inoubliables pour son blog de voyage et raconter Abidjan à ses milliers de lecteurs et compatriotes congolais. Quant à Dacia (Yaga), l’endroit était tout indiqué pour des achats d’articles divers, en souvenir de la Côte d’Ivoire.

                        Rodriguez, Abdourahman Waberi et Jeff à la mairie d’Adjamé / Rodriguez Katsuva

Je me souviens que cette séance de team building a été l’occasion pour le taiseux Armel du collectif Yaga de s’ouvrir un peu plus tandis que Franck, lui, s’éclatait à fond. En ce qui concerne Didier, plus porté sur le travail, notre journaliste -blogueur et assistant à l’université de Lubumbashi a improvisé un photoreportage sous le thème de la femme africaine active et échangeait par intermittence avec le professeur Abdourahman Waberi qui scrutait et analysait visiblement faits et gestes du monde autour de lui.

Je me souviens que cette séance de team building a été l’occasion pour le taiseux Armel du collectif Yaga de s’ouvrir un peu plus tandis que Franck, lui, s’éclatait à fond.

                                                    Franck Boni, au marché d’Adjamé / Rodriguez Katsuva

Après quelques trois heures d’immersion, je me souviens que nous sommes retournés en résidence, où nous attendait, un repas copieux, de charmantes jeunes dames pour un service impeccable. A nouveau, dans la convivialité, nous avons partagé ces mets ivoiriens, discuté sans tabou ni langue de bois, avant de se dire ‘‘merde’’ !

A nouveau, dans la convivialité, nous avons partagé ces mets ivoiriens, discuté sans tabou ni langue de bois, avant de se dire ‘‘merde’’ !

         Photo de famille à l’issue du deuxième de l’atelier d’écriture avec Abdourahman Waberi / Armel Uwikunze

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