Justice et cohésion sociale en Côte d’Ivoire, le pari de l’information non partisane

Ils étaient une vingtaine de journalistes, blogueurs et vidéastes à réfléchir ces vendredi 2 et samedi 3 février sur la problématique du fonctionnement de la justice pénale internationale et les procès de la crise postélectorale en coursDes participants au séminaire

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Le Centre d’Éducation pour une Société Durable (Centre ESD) a réuni plusieurs professionnels des médias en périphérie d’Abidjan les vendredi 2 et samedi 3 février dernier. Deux jours consacrés au renforcement des capacités sur la justice pénale internationale.

Une vingtaine de personnes étaient présentes (journalistes, blogueurs et vidéastes) pour réfléchir à la problématique du fonctionnement de la justice pénale internationale et aux procès de la crise post-électorale en cours (à la Haye et en Côte d’Ivoire). Le but : réfléchir à ce qu’est un traitement non partisan de l’information en terre d’Éburnie.

Un pari que prend le Centre ESD à travers son projet Observateur Citoyen dont une déclinaison en site d’information (OC News),  « est une plateforme indépendante et non partisane d’information, de discussion et d’actions sur les questions de gouvernance, de cohésion sociale et de justice nationale et internationale notamment sur les affaires ivoiriennes à la Cour pénale internationale (CPI) ».

A lire : Cour pénale internationale : Reprise du procès Gbagbo – Blé Goudé mercredi

Dans les différents ateliers de ce séminaire, des hommes et femmes de médias ont été guidés dans leurs réflexions par deux experts. Eric Aimé Sémien, Président de l’Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme (OIDH) et André Silver Konan, journaliste et écrivain, analyste politique. Ainsi les professionnels des médias ses sont prêtés à l’exercice des mots clés et à l’évocation de la CPI . Ils ont passé en revue les charges retenues contre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, les compétences de la CPI et l’impact de ce procès sur la cohésion nationale.

Nuage de mots clés

A l’évocation de la CPI, quel mot vous vient instantanément à l’esprit ? A cette question, plusieurs réponses ont été données, donnant lieu à un nuage de mots clés en rapport avec l’institution.

Statut de Rome, Justice pénale internationale, Libérez,  Laurent Gbagbo, Blé Goudé, Crise post-électorale, Côte d’Ivoire, 3 Mars 2011, Crédibilité, Ocampo, Fatou Bensouda, ADO, Crises graves, La Haye, Néocolonialisme, Injustice, Ne juge que les africains, Procès, Tribunal pénal, Peines très lourdes, Cuno Tarfusser, Corruption de témoins, Retrait des africains de la CPI, Enquête, Crime de guerre, Crime contre l’humanité, etc.

Chacun de ces mots ou groupe de mots a été classé en deux catégories : définition et idées reçues. Définition parce que les mots en question relèvent de la structuration ou le fonctionnement de la CPI et  Idées reçues pour ce qui émane de la subjectivité.

Compétence et charges

Dans le discours préliminaire du Statut de Rome, on peut lire ce qui suit :

Le 17 juillet 1998, 120 États ont adopté à Rome le statut – le Statut de Rome de la Cour pénale international – instituant la Cour pénale internationale (CPI). Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des États ont décidé d’accepter la compétence d’une cour pénale internationale permanente, chargée de poursuivre les crimes les plus graves commis sur leur territoire ou par leurs ressortissants, à compter de l’entrée en vigueur du Statut de Rome, le 1er juillet 2002.

La Cour pénale internationale ne remplace pas les tribunaux nationaux. Le Statut de Rome rappelle que chaque État a le devoir d’exercer sa compétence pénale vis-à-vis des responsables de crimes internationaux. La Cour ne peut intervenir que dans le cas où un État est dans l’incapacité ou n’a pas la volonté de mener véritablement à bien des enquêtes et de traduire en justice les auteurs de crimes.

A savoir le crime de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le crime d’agression.

A lire : La CPI : ses dossiers, ses pouvoirs, ses limites

De ces quatre crimes qui relèvent de la compétence de la CPI, les crimes contre l’humanité sont ceux retenus contre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Plus précisément quatre chefs de crimes contre l’humanité que sont le meurtre, le viol, les autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire – la tentative de meurtre, et la persécution perpétrés dans le contexte des violences post électorales en Côte d’Ivoire. Ces charges, elles-mêmes adressées à quatre évènements majeurs de la crise post-électorale.

A lire : Procès Gbagbo: ces évènements de la crise retenus par la CPI

La marche du 16 décembre 2010 sur la Télévision ivoirienne, la marche des femmes à Abobo, le bombardement du marché Siaka Koné et l’attaque du siège du Rassemblement des Républicains (RDR) de Yopougon-Wassakara sont les principaux événements débattus dans ce procès.

Impact de procès Laurent Gbagbo – Charles Blé Goudé

A propos de l’impact du procès Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sur la vie en Côte d’Ivoire qui a fait l’objet d’analyse entre les participants, tous ont été unanimes.

Sans aucune ambiguïté, les journalistes, blogueurs et vidéastes de médias sont arrivés à la conclusion que le procès Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé a bel et bien une répercussion sur la cohésion sociale en Côte d’Ivoire. Positif ou négatif, c’est selon la chapelle politique. Mais la friction sociale déjà perceptible dans les discours et conversations des ivoiriens, transparait clairement dans la presse ivoirienne.

Il est de notoriété publique en effet, que les quotidiens de presse ivoiriens sont à quelques exceptions près, tous affiliés aux partis politiques. Un journalisme militant qui biaise la plupart du temps les analyses des faits. La subjectivité prend le pas sur l’objectivité dans l’interprétation du journaliste. L’opinion est sciemment orientée ! Une donne qui alimente les dissensions et accentue davantage les clivages au sein des populations.

D’où l’appel des organisateurs et des experts au retour des journalistes aux fondamentaux du métier de journalisme dans le traitement de l’information. Singulièrement le procès Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.

A lire : L’information et les opinions

 

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