Friedrich Naumann fait ami-ami avec les blogueurs

Pour revenir à la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, il faut savoir qu’elle prône le libéralisme.Yéhni Djidji, Blogueuse et écrivaine ivoirienne / Nadi Jessica

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Pour sa vision stratégique quinquennale 2018-2022 qui appelle à l’innovation créative et à l’usage du digital, la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté a fait ami-ami avec les blogueurs, les web activistes et les journalistes. Au cours d’un petit déjeuner à Abidjan, la fondation a passé en revue ses activités avant de se projeter vers l’avenir.

Ainsi, une trentaine de blogueurs, web activistes et journalistes étaient conviés à un petit déjeuner dans la salle Framite d’un hôtel chic en plein cœur du Plateau, la cité des affaires de la capitale économique ivoirienne. Cet « instant café », autour d’un délicieux menu fruité, fut l’occasion pour la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté Côte d’Ivoire de s’ouvrir aux acteurs de la blogosphère ivoirienne.

Les partenaires exécutifs de l’association se sont succédé au pupitre pour présenter leurs projets, dont voici quelques exemples :

L’épineuse question ivoirienne de la sécurisation du foncier rural – prévu par la loi N°98-750 du 23 décembre 1998 – a été abordée par  Sosthène Koffi, sociologue et chargé de la question du foncier à la fondation Friederich Naumann. A ce titre, Sosthène Koffi est aussi  l’interlocuteur de Audace Institut Afrique (AIA), think tank ivoirien indépendant et apolitique, soutenu par la fondation. Par sa voix, les blogueurs ont appris qu’un projet de certification des terres est en cours d’implémentation. La phase pilote a été mise en place dans quatre villages témoins en février 2016, dans les départements de Guiglo et Sinfra, au sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Ce projet a permis de couvrir 23 570 hectares de terre dans cette zone en deux ans. Cette année, le cap sera mis sur les départements de Man, toujours l’ouest de la Côte d’Ivoire et de Yamoussoukro (au centre) pour faire progresser positivement le chiffre des terres immatriculées au plan national.
Selon Sosthène Koffi, porteur de ce projet de certification des terres, il n’est aujourd’hui que de 4% sur 23 millions d’hectares de forêt en Côte d’Ivoire.

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Prenant la parole au nom de l’Ong N’Gouadô dont il est le Président, Job Sodjinou s’est félicité de sa collaboration avec la Fondation Friedrich Naumann. Il s’est fendu d’un plaidoyer pour la lutte, la promotion, la protection et la défense des valeurs citoyennes et des droits humains en mettant un point d’honneur à ce que les droits des détenus et des enfants en conflits avec la loi soient respectés. Un tableau sombre du milieu carcéral ivoirien a été dressé, avant d’en appeler à l’engagement citoyen des blogueurs, web activistes et journalistes pour mettre en lumière ce qui se fait dans les prisons ivoiriennes.

Arsène Konan pour sa part, a évoqué la nécessité d’un « renouvellement de la classe politique » ivoirienne dans un avenir très proche. C’est un des objectifs que s’est fixé le Centre Education pour une Société Durable(ESD) dont il est le directeur exécutif. C’est le but du projet ‘‘Politic Lab’’, qui bénéficie du soutien de la Fondation Friedrich Naumann et qui consiste à former les jeunes de la société civile et des partis politiques aux questions de leadership et de gouvernance. Conscient que le changement social ne passe que par une culture politique des populations et de l’engagement citoyen, le Centre ESD participe activement depuis 2014 au débat public et politique.

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Au cours des échanges des convives avec le Directeur Général des Ivoiriens à l’extérieur, engagé dans la lutte contre la migration irrégulière, les blogueurs, web activistes et journalistes ont été informés, entre avis et analyses, de quelques chiffres sur le phénomène hexogène transnational. On sait désormais, grâce à Issiaka Konaté, que 1754 migrants ivoiriens ont été volontairement rapatriés et inscrits dans un programme de réinsertion, pour ceux qui en ont eu la volonté. Un résultat à l’actif de plusieurs organisations dont la Fondation, qui ne lésine pas sur les moyens et surtout qui n’hésite pas à descendre sur le terrain.

Au cours des échanges des convives avec le Directeur Général des Ivoiriens à l'extérieur, engagé dans la lutte contre la migration irrégulière, les blogueurs, web activistes et journalistes

Issiaka Konaté, Directeur Général des Ivoiriens à l’extérieur – Nadi Jessica

 

« Nous avons interrogé plus de 1100 migrants qui sont rentrés. 75% avaient un emploi salarié de plus de 100 000 F CFA avant d’immigrer clandestinement. On dit que les gens partent pour un mieux-être. Mais comment évalue-t-on le mieux-être ? », s’interroge encore Issiaka Konaté avant de faire un malencontreux constat et une exhortation à l’endroit des ivoiriens.

« L’un de nos problèmes dans nos pays c’est la pauvreté. Nous nous cachons derrière cette pauvreté pour utiliser les raccourcis. Les ivoiriens disent d’ailleurs que « raccourci est mieux que goudron ». Il est important que nous les ivoiriens développions des valeurs et que nous sortions des sociétés des per diem. Des sociétés où on estime le travail uniquement à travers le salaire. Des sociétés où on va vers un métier uniquement parce qu’il est bien payé. Mais il faut se demander si on aime ce que l’on fait.  »

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Retour à la fondation Friederich Naumann :

Revenons à la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, il faut avant tout savoir qu’elle prône le libéralisme. Une croyance en l’importance de la liberté individuelle et à l’égalité des droits. D’où le rappel de ces principes de base que sont les Droits humains, l’Égalité, l’État de droit, la Liberté individuelle, la Propriété privée et le Libre-échange.

En Côte d’Ivoire, la Fondation Friedrich Naumann est active depuis les années 90, mais elle a dû faire un break à cause de la crise sociopolitique en terre d’Éburnie. Réinstallée en 2012, elle est engagée aux côtés des ivoiriens dans le dialogue politique, la réforme constitutionnelle,  la formation politique des jeunes, de la société civile et des acteurs des médias. En témoigne, les différents projets de ses partenaires sus-évoqués. Au total, la Fondation compte 80 bureaux présents et projets dans le monde.

En effet, les blogueurs, web activistes et journalistes ont été sélectionnés, si l’on en croit à Magloire N'Déhi, Chargé de programmes - Communication, pour leur valeur aux yeux de la Fondation.

Une vue de la salle lors du petit déjeuner – échanges / FNF225

 

Pour son plan d’actions stratégiques quinquennales 2018-2022, la vision de la Fondation allemande est axée sur l’innovation et le digital avec quatre thématiques majeures : économie sociale de marché, éducation au sens large du terme, politique internationale et société ouverte et numérique (digital).

On peut l’affirmer sans risque de se tromper : ce petit déjeuner s’inscrit dans une démarche d’amour et de raison dont le but est de faire des hôtes présents de futurs alliés.

A en croire  Magloire N’Déhi (chargé de programmes – communication pour la Fondation), les blogueurs, web activistes et journalistes ont été sélectionnés pour leur valeur aux yeux de la Fondation, c’est à dire pour le travail d’éveil remarquable qu’ils font sur le web.

En effet, les blogueurs, web activistes et journalistes ont été sélectionnés, si l’on en croit à Magloire N'Déhi, Chargé de programmes - Communication, pour leur valeur aux yeux de la Fondation.

Jeff Amann, Mondoblogueur et Émilie Tapé, Blogueuse et écrivaine ivoirienne – FNF225

 

A posteriori, ce petit déjeuner était une opération de séduction pour la bonne cause : l’objectif est de faire de la blogosphère ivoirienne un appui indubitable dans la lutte pour la promotion, la protection et la défense des valeurs citoyennes et des droits humains dans laquelle la Fondation et ses partenaires sont engagés.

C’est de bonne guerre car le numérique aujourd’hui ce sont des solutions concrètes et c’est aussi l’information à vitesse grand V. Les chiffres 2018 créditent Internet de 98% (et les réseaux sociaux de 89%) à l’audimètre de l’attractivité des médias en Afrique, devant la télévision 84%, la radio 58%, l’affichage 42% et la presse 26%.

En Côte d’Ivoire, Internet c’est 10 millions d’utilisateurs avec 3 millions de présence régulière sur Facebook et quelque 300.000 ivoiriens sur Twitter. Une audience importante pour qui veut apporter l’information au grand public afin d’impulser le changement au sein des populations. « Nous vivons dans une société où l’être humain devrait être capable, selon ses capacités et ses aptitudes, de créer les conditions de son mieux-être », a conclu Magloire N’Déhi, lui qui avait eu  la lourde charge de présenter la Fondation vieille de soixante ans.

En effet, les blogueurs, web activistes et journalistes ont été sélectionnés, si l’on en croit à Magloire N'Déhi, Chargé de programmes - Communication, pour leur valeur aux yeux de la Fondation.

Magloire N’Déhi, Chargé de programmes – Communication à la Fondation Friedrich Naumann / FNF225

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