Filière anacarde, main dans la main vers l’Interprofession

Organiser la filière anacarde pour mieux faire face aux problèmes que rencontre la chaîne de valeurs, tel est le principal objectif qui a motivé les travaux de réflexion des producteurs, acheteurs, exportateurs et transformateurs de la noix de cajou, ce samedi 21 avril 2018 à l’Hôtel Président de Yamoussoukro.Noix de cajou

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Les acteurs de la filière anacarde se sont réunis samedi à Yamoussoukro pour des travaux de mise en place d’une Organisation Interprofessionnelle,  à l’initiative de la Fédération nationale des producteurs d’anacarde de Côte d’Ivoire (FENAPACI).

Organiser la filière anacarde pour mieux faire face aux problèmes que rencontre la chaîne de valeurs, tel est le principal objectif qui a motivé les travaux de réflexion des producteurs, acheteurs, exportateurs et transformateurs de la noix de cajou, ce samedi 21 avril 2018 à l’Hôtel Président de Yamoussoukro. Le tout, sous la supervision du président de la chambre des huissiers de Côte d’Ivoire, Cissé Yao.

Après la libation qui  consacrait cette conférence aux mannes des ancêtres pour la bonne marche l’Organisation Interprofessionnelle en gestation, producteurs, acheteurs, exportateurs et transformateurs se sont succédé au pupitre de la salle Cinéma du prestigieux hôtel, pour un bref état des lieux de chaque corporation. Sans équivoque, ils ont chacun égrené les maux qui fragilisent la filière cajou.

Entre autres, la mévente des noix de cajou, le dysfonctionnement des coopératives et des unions, la fuite des produits vers les pays limitrophes, la qualité des noix de cajou, le manque de financement et la fluctuation du prix pratiqué (faible à la base). Tous, pour terminer leurs propos liminaires, ont de façon unanime crié l’urgente nécessité de la création d’une supra organisation entre acteurs de la filière anacarde : l’Interprofession  de cajou de Côte d’Ivoire (ICCI). La voix de Bamba Adama, Président de la FENAPACI, se voulant plus audible quant à la vision et la contextualisation de la démarche.

« Nous allons, non seulement dans le sens du développement de la filière, mais aussi protéger les intérêts des uns et des autres. Parce que nous avons plusieurs familles. L’intérêt du producteur est certes différent de celui de l’exportateur, mais si nous nous mettons ensemble, nous pouvons converger à un intérêt commun. Ainsi, on évitera de se marcher sur les pieds. La filière anacarde étant une chaîne de valeurs, quand un maillon est faible, c’est toute la chaîne qui risque de se casser. Donc nous voulons aider l’État à sécuriser la filière pour que cette chaîne de valeurs soit bénéfique à tous », a déclaré le leader de ce projet de mise en place de l’Interprofession. Il s’est par ailleurs réjouit de l’adoption par acclamation des textes de la futur organisation par l’ensemble des collèges d’acteurs.

Même son de cloche du côté des exportateurs qui adhèrent pleinement à l’idée. En témoignent, les mots de l’un des leurs. Koffi Yao Appiah, Directeur général de Zanzan Commodity Côte d’Ivoire, exportateur de noix de cajou, approuve « l’initiative de cette conférence pour réfléchir à une possibilité de mise en place de l’Association interprofessionnelle tant souhaitée par les acteurs de la filière anacarde ».

Cet ancien président de l’Association des exportateurs de cajou de Côte d’Ivoire (AECI) a tout comme ces prédécesseurs, déploré la fuite des produits vers les pays voisins tels que le Ghana et le Burkina Faso ; « un manque à gagner certain pour l’exportateur et pour l’économie ivoirienne ».

A lire : Anacarde, la campagne 2018 de commercialisation s’ouvre le 15 février en Côte d’Ivoire

Mais ce fléau (concurrence déloyale)  vieux « d’une dizaine d’années » ne trouvera une solution définitive que par « une concertation générale de tous les acteurs. Le politique et les opérateurs. C’est l’une des raisons majeures qui motivent la mise sur pied d’une organisation interprofessionnelle ». Le prix d’achats des noix de cajou pratiqué en Côte d’Ivoire n’en est pas moins.

Fixé à un plancher obligatoire de 500 FCFA le kilogramme à l’ouverture de la campagne en février 2018 « pour la noix de cajou bien séchée et bien triée, ne comportant aucune matière étrangère », le prix du produit se négocie aujourd’hui à 350 FCFA, voire 300 FCFA à en croire à Bamba Adama. Une situation qui occasionne le maintien en magasin de plusieurs stocks de produits par les producteurs. Dégradant ainsi et davantage, la qualité déjà piètre des noix de cajou du fait du changement climatique.

Premier producteur mondial de noix de cajou, la Côte d’Ivoire entend conserver sa position avec une production de 750.000 tonnes en 2018 contre 711.236 tonnes en 2017. D’où l’appel du Président FENAPACI à l’État ivoirien pour la mise en place effective de l’Interprofession  de cajou de Côte d’Ivoire. Car pour lui, c’est dans une synergie d’actions entre l’Etat, le Conseil Coton-Anacarde et l’Interprofession que l’on pourra consolider les acquis des quatre premières années de la réforme de la filière anacarde. En mettant l’accent sur la qualité et sur la mise en œuvre des mesures incitatives permettant l’augmentation du taux de transformation locale de ce produit agricole.

Notons pour terminer, que la Côte d’Ivoire et la Banque mondiale ont signé ce même samedi 21 avril 2018 à Washington, DC, trois accords de prêt de 295 millions de dollars (environ 157, 530 milliards de FCFA). L’un de ces accords est adressé au projet Promotion de la compétitivité de la chaîne des valeurs de l’anacarde (236, 11 millions USD) qui vise à améliorer la productivité et de la qualité, ainsi qu’à soutenir la transformation locale.

Bon timing des initiateurs de l’Interprofession ou hasard de calendrier ?

A lire : La Côte d’Ivoire et la Banque mondiale signent trois accords de prêt de 157, 530 milliards de FCFA portant sur l’anacarde l’érosion côtière et le foncier rural

 

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