Gouvernance / La CN-MAEP livre les conclusions d’Addis-Abéba

cn-maep-conclusions-daddis-abebaBernard Konan, Président de la Commission Nationale du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (CN-MAEP) -Libre Tribune

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Le Président de la Commission Nationale du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (CN-MAEP) Bernard Konan, a livré les conclusions de la présentation du Rapport d’évaluation de la Côte d’Ivoire au cours d’un point de presse le mercredi 27 février à Abidjan. Ci-dessous le communiqué transmis aux rédactions, vu par Libre Tribune.

Le rapport d’évaluation de la Côte d’Ivoire a été soumis au 28ème Forum des Chefs d’Etat et de Gouvernement du MAEP qui s’est tenu le 9 février 2019 à Addis Abeba. La présentation du rapport au forum a été faite par le paneliste en charge de la Côte d’Ivoire, Professeur Mahamoud Youssouf KHAYAL, évaluateur indépendant.

Ce dernier a indiqué dans son rapport que la Côte d’Ivoire a enregistré une performance remarquable, en moins de 7 ans, au plan économique avec une croissance au quatrième rang mondial et des progrès importants au niveau de l’accès à l’eau potable (81% de la population en 2017), à l’électricité (82% de la population en 2017), à l’éducation (104,6% taux brut et 91% taux net de scolarisation au titre de l’année scolaire 2016 /2017). L’évaluation a mis en lumière les domaines dans lesquels la Côte d’Ivoire fait mieux que les pays de l’OCDE en matière d’environnement des affaires (procédure de création d’entreprise, délais de raccordement à l’électricité, délais d’obtention de prêts et délais d’exécution des contrats) ainsi que les domaines dans lesquels la Côte d’Ivoire peut partager son expérience notamment en matière d’économie circulaire et d’Accounting Development Tool (référentiel de la CNUCED en matière comptable).

En outre, ce progrès économique s’est traduit au plan diplomatique par le siège non permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies. La Côte d’Ivoire a enregistré une avancée remarquable au plan politique avec la libération des prisonniers post conflit et a réalisé un effort au niveau du dialogue politique.

Cependant, le rapport a soulevé des défis au niveau du capital humain, de la réconciliation nationale, de la lutte contre la corruption et de la mise à niveau des infrastructures.

En réponse à l’évaluateur du MAEP, le Président de la République Alassane Ouattara a indiqué qu’il prenait bonne note de l’évaluation et qu’il en partageait les conclusions d’autant plus que celles-ci étaient en phase avec l’autoévaluation. Il a marqué toute sa détermination à lutter contre la pauvreté à travers le programme social du gouvernement et la poursuite des efforts dans le cadre de la réconciliation nationale. Pour matérialiser son engagement et sa détermination à améliorer la gouvernance de son pays, il a annoncé l’élaboration d’un Plan National de Gouvernance ambitieux et réaliste afin de prendre en compte les mesures correctrices indiquées par l’évaluation.

Au niveau des échanges qui ont suivi les présentations, les pays membres du MAEP ont salué unanimement les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire et encouragé le Président de la République à poursuivre ses efforts en matière de gouvernance. Le Président Idriss Deby Itno, Président du Forum des Chefs d’Etat du MAEP, a conclu en indiquant que la Côte d’Ivoire est la locomotive de toute l’Afrique francophone.

Au terme de cette évaluation, notre pays montre qu’elle a une capacité à faire face aux épreuves de performance au niveau international (FMI, Banque Mondiale, OCDE) ainsi qu’au niveau continental et national (MAEP). Ces différentes évaluations induisent des réformes audacieuses qui font partie des racines du succès de notre pays qui chaque jour fait reculer les contraintes. L’évaluation, dans le cadre du MAEP, autre épreuve de performance et cadre consensuel pour générer des réformes structurelles, démontre que la Côte d’Ivoire est une terre d’opportunités qui n’est meilleure que lorsqu’elle s’organise dans la transparence pour faire face aux défis de son développement.

La mise en œuvre des recommandations formulées par le MAEP devrait permettre à notre pays d’être un champion en matière de gouvernance en Afrique et dans le monde et d’atteindre la frontière de nos possibilités en matière de développement. C’est la raison pour laquelle le Président de la République a humblement accepté les résultats de l’évaluation et s’est engagé à élaborer un Plan National de Gouvernance (PNG).

 

Adhésion et évaluation

En signant le 29 janvier 2015, le Mémorandum d’entente sur le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP), la Côte d’Ivoire a pris l’engagement de s’auto-évaluer et surtout de soumettre l’évaluation de sa gouvernance aux autres pays africains, membres du mécanisme.

Ce mécanisme, né de la volonté des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, est la traduction de la demande des peuples africains, de donner leur opinion sur la gestion des affaires de leur pays en toute transparence. Il offre aussi une possibilité de coopération entre les pays africains à travers les échanges d’expériences.

L’évaluation dans le cadre du MAEP se matérialise par la mise en place d’un cadre de dialogue impliquant l’ensemble des couches socio-professionnelles de la société, mobilisées dans un élan fraternel, pour évaluer l’état de la gouvernance de leur pays et proposer un plan national d’actions pour la correction d’éventuelles imperfections.

La Commission Nationale du MAEP (CN-MAEP) a été créée le 15 juin 2015, réunissant aussi bien les représentants de l’administration que les acteurs de la société civile, pour garantir l’évaluation transparente de la gouvernance de notre pays. Dès sa création, Elle a développé une méthodologie inclusive et participative d’évaluation à travers un cadre de dialogue sur la gouvernance regroupant une dizaine de groupes majeurs incluant notamment les représentants des organisations de femmes, de jeunes, de Chefs et Rois traditionnels, de syndicats, de religieux, de paysans, du parlement, du secteur privé, et de l’administration.

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L’évaluation en Côte d’Ivoire a été réalisée à travers (i) une enquête au niveau des populations, des entreprises, des ONG à partir d’échantillons représentatifs, (ii) des consultations citoyennes organisées par la société civile aussi bien à Abidjan que dans les différentes régions de Côte d’Ivoire, (iii) les consultations des partis politiques, (iv) les entretiens avec les Ministères, les Institutions et les Organisations Internationales.

Au terme de ce processus organisé par la CN-MAEP en relation avec quatre centres de recherche de l’Université de Cocody (la Cellule d’Analyse des Politiques Économiques du CIRES ; le Centre Ivoirien de Recherche et d’Etudes Juridiques ; le Centre Ivoirien de Recherches Economiques et Sociales ; l’Institut d’Ethnosociologie) sélectionnés par appel d’offres, un rapport d’autoévaluation a été produit mettant en lumière le diagnostic en matière de gouvernance et des propositions d’amélioration inscrites dans le Plan National d’Action (PNA). Puis, il a fait l’objet de commentaires de la part de l’ensemble des parties prenantes notamment les groupes majeurs susmentionnés aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays pour s’assurer de la prise en compte de leurs préoccupations. La CN-MAEP a, ensuite, organisé un atelier de restitution regroupant l’ensemble des parties prenantes, pour recueillir les dernières observations, avant l’atelier de validation du 16 mars 2018 qui a permis à tous les acteurs impliqués, de vérifier la prise en compte de leurs observations. Ce rapport validé par les populations ivoiriennes a été présenté en Conseil des Ministres dans sa session du 30 mai 2018. Le Conseil, respectant les opinions exprimées par les populations et se conformant aux prescriptions du MAEP, l’a adopté en l’état.

Le passage en Conseil des Ministres a déclenché le processus de contre-expertise menée par le Secrétariat Continental du MAEP conduite par le paneliste en charge de la Côte d’Ivoire, Professeur Mahamoud Youssouf KHAYAL, l’évaluateur externe et indépendant. Cette évaluation a permis de s’assurer que le diagnostic fait par les parties prenantes ivoiriennes était conforme à leurs opinions exprimées sans pression aucune. Cette contre-expertise a confirmé les conclusions de l’autoévaluation réalisée par les acteurs ivoiriens traduisant ainsi la transparence de l’évaluation et la volonté des parties engagées à respecter les règles du Mécanisme.

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