Système de santé ivoirien, entre doute et espoir

financement-systeme-de-sante-ivoirienDialogue national sur le financement de la santé en Côte d'Ivoire / Jeff Amann -Libre Tribune

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Des chiffres alarmants sont ressortis au cours du Dialogue national sur le financement de la santé en Côte d’Ivoire qui s’est tenu cette semaine à Abidjan avec à la clé, des recommandations et engagements des acteurs du système de santé ivoirien.

Réunis autour du thème, « Investir dans la santé pour un avenir meilleur », plus de 500 acteurs nationaux et internationaux du ce secteur ont réfléchit pendant du lundi 15 au jeudi 18 avril 2019 sur le financement en vue du renforcement du système de santé  ivoirien. De l’analyse de la situation sanitaire, des indicateurs angoissants.

L’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 55 ans, la cinquième la plus faible au monde. Le taux de mortalité maternelle est de 614 décès pour 100.000 naissances vivantes, le deuxième plus élevé au monde. Le taux de mortalité qui est de 128 décès pour 100.000 habitants, le onzième le plus élevé au monde.

Le chiffre le plus affligeant a été révélé par le Docteur Emre Ozaltin lors de la cérémonie de clôture de ces assises sur le financement de la santé, présidée par le vice-président ivoirien Daniel Kablan Duncan.

« Vingt femmes meurent en couches chaque jour en Côte d’Ivoire », a fait savoir l’économiste sénior de la Banque mondiale au cours du « Sommet présidentiel ».

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D’aucuns diraient que ce tableau peu flatteur de la situation sanitaire ivoirien est dû aux maigres ressources financières consacrées à ce secteur. Seulement 5,9 % du budget national est consacré à ce jour à la santé. Pis, 70 % de cette allocation servent à payer les salaires contre 30 % pour l’investissement.

Normal qu’en dépit des efforts consentis par le gouvernement ivoirien tel que souligné par le Docteur Eugène Aka Aouélé, ministre ivoirien de la santé et de l’hygiène publique ne fasse pas tâche d’huile face aux besoins en soins primaires des communautés qui restent entiers.

Sur la période 2014-2016, ce sont en effet quelque 3000 milliards FCFA que l’Etat de Côte d’Ivoire a investi dans le secteur de la santé selon Dr. Aouélé, pharmacien émérite, par ailleurs député et président du Conseil régional du Sud-Comoé ivoirien.

Pour la période 2020-2024, « Les résultats auxquels ont abouti les principaux participants, indiquent un coût total de plus de 1658 milliards FCFA de budget du dossier d’investissement national dans la santé », a rapporté Dr. Aouélé lors du dialogue national sur le financement de la santé  qui visait la validation de ce dossier d’investissement dans la santé en Côte d’Ivoire.

Engagements…

Peter Sands, directeur exécutif du Fonds Mondial a assuré l’engagement des partenaires techniques et financiers (PTF) à accompagner la Côte d’Ivoire quoique « Les indicateurs actuels de la santé en Côte d’Ivoire ne sont pas là où nous voulons qu’ils soient », a-t-il regretté.

Entres autres engagements des partenaires techniques et financiers, le soutien du gouvernement ivoirien dans « l’opérationnalisation de la Plateforme nationale de coordination du financement de la santé pour renforcer le dialogue intra et intersectoriel et les aspects de coordination, d’alignement, d’intégration, de mutation des ressources, de réglementation, et d’harmonisation de l’aide extérieure ».

Les PTF se trouveront toujours aux côtés de la Côte d’Ivoire dans « les efforts entrepris pour améliorer l’efficience notamment les reformes financières, l’amélioration de la qualité de l’offre des services à travers la mise à l’échelle de l’achat stratégique et l’opérationnalisation de la Couverture Maladie Universelle (CMU).

L’Etat ivoirien peut également compter sur les PTF pour « La mobilisation des ressources extérieures et intérieures pour améliorer la santé des populations avec un focus sur l’exploitation des financements innovants. Une attention particulière sera portée sur le financement du dossier d’investissement ».

Les PTF sont enfin disposés à accompagner « Le développement d’un plan pour préparer la transition vers l’autofinancement de la santé » en Côte d’Ivoire.

… et recommandations

Quant à de la Société civile ivoirienne, elle appelle par la voix de Sanogo Koné Solange à l’augmentation du budget de la santé pour faire face aux besoins en santé des communautés. Elle s’est engagé tout comme le secteur privé ivoirien à « Contribuer à la mise en œuvre de la Couverture Maladie Universelle » en suscitant notamment « la demande des services de santé à travers la vulgarisation et l’enrôlement des populations vulnérables à la CMU et l’évaluation des goulots d’étranglements à l’utilisation des services ».

Pour ce faire, la Société civile ivoirienne a souhaité l’inclusion dans le déploiement de la CMU. Même son de cloche du côté du secteur privé sanitaire qui recommande la prise en compte de tous les établissements hospitaliers légaux dans la mise en œuvre de programme national de santé.

Il faut noter pour terminer que l’Etat ivoirien a affirmé, à travers le vice-président Daniel Kablan Duncan, travailler activement à accroître le budget national de la santé à 15 % les prochaines années. Il est de 5,9 % actuellement. Rappelons-le.

 

Certains artenaires techniques et financiers (PTF) – Sercom

 

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