OCAL – Une rencontre régionale d’échanges s’est ouverte à Abidjan

ocal-rencontre-regionale-echanges-ouverte-abidjan3ème édition de la Rencontre régionale d’échanges entre les associations/réseaux de PS le long du corridor Abidjan Lagos / Jeff Amann - Libre tribune

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Une rencontre régionale d’échanges entre les associations et réseaux de Professionnelles du Sexe (PS) le long du corridor Abidjan-Lagos s’est ouverte jeudi à Abidjan. Une initiative de l’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos (OCAL) qui vise le renforcement du système communautaire des PS et lever toutes barrières liées à l’accès aux services le long dudit Corridor.

La problématique du renforcement du système communautaire et la défense des droits humains des PS est objet de réflexion ces 25 et 26 juillet dans la capitale économique de Côte d’Ivoire. Deux jours de travaux et de discussions au cours desquels une cinquantaine de participants, experts de la question, venus de Nigéria ; du Ghana, du Bénin, du Togo ; pour retrouver leurs pairs ivoiriens, esquisseront les voies de la mise en place du Réseau régional PS le long du corridor Abidjan-Lagos.

« Ce réseau, une fois mis en place, servira de plateforme d’échanges et représentera au niveau régional les associations de PS existantes dans les cinq pays. Il nous permettra de renforcer leur capacité d’intervention, ainsi que leur visibilité au sein des organes de prise de décisions. Tant à l’échelle nationale que régionale », a déclaré à l’ouverture des travaux Josiane Téti, présidente de ONG Blety (ONG PS)  de lutte contre les IST/VIH/Sida, des droits de l’homme et de l’autonomisation de la femme en Côte d’Ivoire.

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Un argument partagé par Idrissa Koné, secrétaire exécutif de l’OCAL pour qui « L’amélioration de l’environnement social et juridique, et le renforcement du système constituent l’une des clés pour l’atteinte des objectifs ambitieux 90-90-90 de l’Onusida, à l’horizon 2020 ».

Une position justifiée par les nombreuses violations et atteintes des Droits humains dont sont victimes les professionnelles du sexe au quotidien. Notamment le droit à la vie, à la dignité, à la famille, à la santé, au travail, à l’éducation, à l’information, à l’égalité des chances et à la non-discrimination.

En effet « De 2016 à 2018, il a été enregistré le long du corridor Abidjan-Lagos, 3609 cas de violences chez les PS ; dont 56 % de violence psychologique-verbale, 31 % de violence physique et 13 % des autres formes de violation des droits humains au sein de la communauté ». Des chiffres révélés par Idrissa Koné avant de tirer la sonnette d’alarme.

« Les violences basées sur le genre, la stigmatisation et discrimination sont reconnues comme des obstacles à l’accès aux services de prévention, aux prises en charge et soutiens liés au VIH. Sans une action concertée, fondée sur une bonne stratégie en faveur de cette population cible, l’objectif d’accélération de la réponse pour éliminer le VIH sera impossible à atteindre », a-t-il prévenu, le visage fermé.

Pour lui l’exemple du Sénégal, le bon élève en Afrique de l’Ouest, devrait inspirer l’ensemble des pays de l’OCAL. Le pays de Léopold Sédar Senghor dispose de plusieurs systèmes de fichage, d’encadrement avec le gouvernement, de codification avec les forces de l’ordre qui favorisent l’accès des PS aux services de santé. Une approche admise par la population et donc il n’y a pas de stigmatisation, selon le secrétaire exécutif de l’OCAL.

 « Malgré ce que nous sommes, nous avons des droits »

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Honorine Tèlè Mensah, présidente AFAZ -Togo / CCO-Libre Tribune

Interrogée sur ses attentes à l’issus de cet atelier, Honorine Tèlè Mensah, présidente de l’association Femmes Amazones (AFAZ) du Togo s’est réjouie de la création à terme du réseau des professionnelles du sexe en Afrique de l’ouest. Une donne qui permettra aux PS de sortir de la clandestinité pour travailler efficacement avec les partenaires pour l’atteinte des trois 90 de l’Onusida.

« En dépit des efforts des partenaires, de la mise en œuvre des différents projets avec les professionnelles du sexe, la situation de stigmatisation demeure. L’environnement actuel ne nous est pas favorable, nous les professionnelles du sexe. Jusqu’à présent, il y a des violences basées sur le genre commis partout et nous ne nous sentons pas en sécurité.

Nous proposons qu’une loi soit votée en Afrique de l’Ouest pour qu’on sache que nous aussi avons des droits. Nous ne demandons pas que l’on fasse la promotion de notre profession. Non ! Mais malgré ce que nous sommes, il faut qu’on sache que nous avons des droits et il faut qu’une loi nous protège, nous aussi », a-t-elle martelé.

Cette 3e édition de la rencontre régionale d’échanges s’inscrit dans le cadre du Nouveau Modèle de Financement du Fonds Mondial, dont l’OCAL a bénéficié d’une subvention pour la mise en œuvre du projet intitulé « Projet de prévention du VIH/Sida à l’endroit des populations clés et vulnérables le long du corridor Abidjan-Lagos ». Les cibles du projet sont les Professionnelles du Sexe (PS), les Hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH), les routiers, les migrants, les jeunes filles/femmes, les Utilisateurs de Drogue Injectable (UDI) et les Personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Cette subvention met l’accent sur une dévolution progressive de l’offre de services VIH aux programmes nationaux et un recentrage des interventions vers le renforcement du système communautaire et la défense des droits humains.

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