‘‘La Palmeraie’’, ce cadre rustique qui enchante ses visiteurs

Un stand spécialisé en viande brousse / Libre Tribune - Jeff Amann

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Accès sablonneux, courant d’air frais, calme relativement plat, gigantesques palmiers à perte de vue ; souriez, vous êtes à La Palmeraie. Un espace à priori caché, mais enchanteur, qui rassemble tous les jours des visiteurs en quête de divertissement, dans la tranquillité et le recueillement.

On les compte par dizaines, voire par centaines, ces visiteurs qui affluent les week-ends à l’espace gastronomique La Palmeraie. Seuls, avec des amis ou en famille, ils font le choix de ce lieu situé dans la commune d’Abobo au quartier Belle-ville, pour sa quiétude et son air de campagne.

A La Palmeraie, on s’assoit sur des chaises en bois de type trépied-croisé pour déguster de bons mets et se délecter de bons vins. Une large gamme de menus est proposée aux visiteurs. La sauce graine, la sauce claire, l’aubergine, le Gouagouassou, le Gniangnan, etc. Dans ces différentes sauces du patrimoine culinaire ivoirien, on trouve de la viande de brousse mais aussi du poisson. L’agouti, le rat et son cousin palmiste, la biche, le hérisson … A ces sources de protéines animales s’ajoutent plusieurs catégories de poisson, frais comme fumé.

Pour les friands de friture, l’alloco, la pomme de terre, l’igname et même le poisson n’échappent pas à l’huile à La Palmeraie. Le porc, quant à lui, se mange en sauté, braisé, grillé et bien assaisonné. Si vous êtes de tendance épicée, le piment est à la demande. On le relève pour vous. Très piquant. Mais il n’y a pas de quoi être inquiet pour ses papilles en feu. La solution est à portée de mains.

 

Tonton Cool.

Voitures des visiteurs / Libre Tribune- Jeff Amann

 

Du bon vin de palme extrait à proximité du site est exposé pour qui veut bien en acheter. C’est frais, c’est sucré, pour le plaisir de votre palais. On y trouve également du vin rouge et blanc, mais aussi de la bière fraîche dans des glacières et de la liqueur sur des étagères. Le soda ne manque pas l’appel à La Palmeraie pour les consommateurs qui s’interdisent l’alcool.

Rumba distillée en sol majeur, chanson baoulé exécutée avec ardeur ; vous avez le choix entre une place sous les abris ceinturés de bambous de chine ou un siège en plein air. Tout compte fait, chacun peut assister depuis sa position au concerto mélodieux des oiseaux en extase. Chacun peut se laisser bercer par un courant d’air frais et respirer à plein poumon cette atmosphère moins polluée, ventilée par le feuillage luxuriant des gigantesques palmiers.

Où que vous soyez assis, vous ne pouvez manquer ces deux chansonniers baoulé qui viennent à vous. Ils vous encensent en musique, lui pinçant passionnément les cordes d’une guitare artisanale ; l’autre agitant fougueusement des deux mains de petits crochets à percussion. Pendant ce temps, ils débitent harmonieusement des mots flatteurs, tel des griots mandingues, qui vous poussent à leur offrir des espèces sonnantes et trébuchantes. Ils n’ont pas en horreur les billets de banque. Non, cela les motive davantage. Pluie de bénédictions prononcées sur la vie du généreux donateur.

Où que vous soyez assis, vous ne pouvez manquer ces deux chansonniers baoulé qui viennent à vous. Ils vous encensent en musique, lui pinçant passionnément les cordes d’une guitare artisanale

Deux chansonniers baoulé / Libre Tribune – Jeff Amann

 

Comme à la plage, d’autres types de consommable sont proposés aux visiteurs de La Palmeraie. De petites bouteilles pleines de cacahuètes sucrées sont en exposition-vente sur le site. Une adolescente d’environs 14 ans a fait du garcinia cola son affaire. Mieux connu sous le nom de ‘‘petit-cola’’ et pour ses vertus curatives, le fruit de la famille des sterculiaceae s’arrache, surtout pour sa réputation aphrodisiaque. Mais la fillette n’en sait rien. Elle est en mission commerciale, mandatée par sa mère. La bonne vieille dame a le nez creux, car aux abords de La Palmeraie, résidence et hôtel sont bien en vue. Bref, le décor est planté ! Seul, en couple ou avec des amis, l’enjeu est de se détendre. Chacun y va de sa manière, avec ses moyens et sa sensibilité.

Cacahuètes / Libre Tribune- Jeff Amann

 

Petit cola / Libre Tribune – Jeff Amann

 

De la volonté d’un homme, une histoire

La Palmeraie, c’est une histoire vieille de plus de 10 ans. Tout est parti de la volonté d’un homme : Tonton Cool.

En 2006, alors qu’il rentre de Nice (France), Tonton Cool élit domicile dans un immeuble au quartier Belle-ville et se trouve un stage dans le milieu du showbiz ivoirien. Depuis chez lui, il a une belle vue sur une plantation de palmiers. Il y observe un véhicule de type 4×4 faire des allers-retours dans cette sombre végétation. Une ou deux fois, le véhicule s’était embourbé, du fait de crevasses.

Un jour Tonton Cool décide d’apporter un coup de main à l’homme du véhicule en fermant les creux à son insu. Il a la matinée pour lui, car son stage commence dans l’après-midi. Muni de matériels pris à la maison, il procède au remplissage des trous avec du gravas.

Un monsieur l’épie un moment avant de surgir et lui poser une question. « Qui t’a demandé de faire cela ? ». Tonton Cool craintif, fait savoir au vieil homme les difficultés qu’avait à chaque fois un véhicule qui tentait de regagner la plantation. Le vieil homme lui intime l’ordre de le suivre sous les palmiers. Le cœur du bon samaritain bat la chamade, se posant mille et une questions. N’empêche qu’il obéit.

Mais une fois à la clairière qui sert de point de ralliement entre le vieux Koffi et ses ouvriers, le vieil homme demande à ses employés d’offrir à boire au « jeune homme ». Dix litres de vin de palme fraichement extrait fut servis à Tonton Cool. Une récompense pour son acte volontaire et altruiste.

Surprise pour surprise, c’en était une pour le jeune binguiste* qui ne tient pas l’alcool. Le vieux Koffi l’introduit auprès de ses employés avec qui nait une familiarité. De temps en temps, au cours de la journée, Tonton Cool les retrouvent pour sympathiser et surtout les assister dans leurs travaux d’extraction de vin de palme et de récolte de graines. Avant de retrouver le soir sa caméra et ses collègues au travail.

Projetant d’ailleurs recevoir quelques-uns d’entre eux, il demande au gentleman Koffi l’autorisation de réunir ses amis sur son site. Le vieil homme, qui compte désormais parmi les amis de Tonton Cool, l’autorise sans hésiter à utiliser tout l’espace qui lui conviendrait. Ce qui fut fait.

 

Entrée de la palmeraie / Libre Tribune – Jeff Amann

 

Une fois sur les lieux, le cadre plait. Son aspect de campement enchante les amis et collègues citadins de Tonton Cool. Ils enchaînent donc les matinées, les after-work et les feux de camp. De bouche à oreille, l’information se répand dans le quartier et les petites fêtes se multiplient au-delà du cercle d’amis du binguiste. Encourager par les filles de son entourage, Tonton Cool décide d’en faire un business et de tirer un petit profit de son initiative.

Toujours avec l’accord de son vieil ami Koffi, désormais, Tonton Cool achète et revend, en plus du vin de palme qu’on trouve sur place, la bière, le vin et la liqueur à petite échelle. Il propose en accompagnement de la soupe de viande de brousse chassée et tuée dans la plantation.

Quelques années plus tard, le vieil homme décède mais l’exploitation la plantation continue, les palmiers grandissent, l’initiative de Tonton Cool également. D’autres personnes commencent à s’installer. Ils en obtiennent la permission du premier venu car, seul, entre sa carrière professionnelle et cette activité, il avait du mal à satisfaire la clientèle croissante.

Aujourd’hui, La Palmeraie c’est le lieu décrit plus haut, qui rassemble tous les week-ends les abidjanais en quête d’évasion. Pour la petite histoire, l’appellation Tonton Cool est un pseudonyme qui témoigne de la sympathie de l’homme, du gars cool et aimable que tout le monde aime bien. Nous aussi, d’ailleurs !

(*) : un ivoirien qui vit ou rentre fraichement de l’Europe.

 

Tonton Cool et votre serviteur / Libre Tribune

 

Stand de boissons / Libre Tribune – Jeff Amann

 

 

Vin de palme / Libre Tribune – Jeff Amann

 

Un cheval / Libre Tribune – Jeff Amann

 

Vente de vêtement / Libre Tribune – Jeff Amann

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