Toh Bi, un blogueur ‘‘Hors Grade’’ nous est né

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Il s’est présenté aux blogueurs, influenceurs et associations de jeunesse, au cours d’une réunion de prise de contact avec les couches sociales organisée par ses soins. Mais c’est surtout sur les réseaux sociaux que les ivoiriens le découvrent réellement et apprennent à le connaitre. Ses écrits et ses photos d’homme de terrain inondent la timeline de ses followers. Lui, c’est Vincent Toh-Bi Irié, et on peut le lire désormais sur www.vincenttohbiirie.com, le blog du Préfet Hors Garde.

Nommé le 6 août 2018, le préfet du département d’Abidjan apparaît aux yeux des ivoiriens comme un homme pragmatique. Après un an à la tête de la région, le fils de Toh (Toh Bi en langue Gouro) a réussi, en communicant averti, à se bâtir une image d’homme de terrain, un proactif ; grâce aux nouveaux médias.

L’appropriation

Titulaire d’un doctorat en littéraire africaine et énarque, Vincent Toh-Bi Irié fait partie de ces hauts cadres de l’administration publique qui ont compris la nécessité de communiquer.

Il sait pertinemment que dans « La mission essentielle de l’Administration Territoriale (…), une mission de contact avec les populations afin de remonter à la hiérarchie le vécu et les préoccupations de ces populations », « Facebook ou tout autre réseau social deviennent, dans ces conditions, un instrument d’animation communautaire, de jauge et de relations publiques ».

Cela, il l’exprime sans équivoque sur sa page Facebook officielle, son espace de prédilection. Créée de toute évidence aux lendemains de sa nomination, elle compte aujourd’hui quelque 29 000 abonnés (en apparence organiques) sur 4,5 millions d’utilisateurs ivoiriens qu’enregistre le réseau social à l’entame de l’année 2019.


Par un storytelling poétiquement enlevé,  Toh-Bi surfe sur les sujets d’importance de la vie sociale ivoirienne. Conflits de tout genre ; gouvernance ; santé ; éducation ; salubrité ; politique ; emploi des jeunes ; transport ; etc. Par un maniement subtil de la langue, oscillant avec brio entre langage soutenu et familier, il conseille, esquisse des solutions, motive, dénoue des crises…et gagne en popularité.

Si sur Twitter, le compte @VincentTohBi est à la traine à l’image de la twittosphère ivoirienne (environs 1 800 followers), on note une fulgurante progression en ce qui concerne la page Facebook du blogueur ‘‘Hors Grade’’.

Là où les premières publications ne récoltaient que quelques dizaines de « J’aime », les réactions des internautes aujourd’hui se décuplent jusqu’au seuil du viral, après une analyse du préfet. Ces marqueurs de performances permettent de mesurer l’influence grandissante de celui qui, en fin communicant, s’est approprié les réseaux sociaux. Mais pas que ! Il n’abandonne pas pour autant le théâtre des actions, les rues d’Abidjan.

Le terrain

A 49 ans, Vincent Toh-Bi Irié est un élément central de l’administration du territoire en Côte d’Ivoire. Pendant quatre années consécutives, il a gravi progressivement les échelons. Occupant respectivement les postes de conseiller, directeur de Cabinet adjoint, chargé de l’Administration du territoire et directeur de Cabinet au sein du Ministère de l’intérieur sous Hamed Bakayoko. Il demeura à ce poste accédé en novembre 2016, au service de Sidiki Diakité, cette fois à l’actuel Ministère d’État, ministère de l’Intérieur et de la sécurité, jusqu’à sa nomination.

Désormais le premier responsable administratif du département d’Abidjan et de ses 13 Communes, le plus jeune préfet d’Abidjan de l’histoire ivoirienne de l’administration territoriale arpente au quotidien les rues. Celles des quartiers résidentiels comme celles des secteurs les plus malfamés de la capitale économique ivoirienne.

Réputé homme de terrain, travailleur et efficace, il va à la rencontre des populations, questionne les experts et prend le leadership des situations de crise. Il est constamment au front, dans le feu de l’action. En dépit des risques, sans compter les heures.

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Toh Bi dans les couloirs de Boribana, quartier malfamé de la commune d’Attécoubé / Page Facebook officielle

Car pour lui « Il n’est plus possible de gérer la situation à partir des bureaux de la Préfecture d’Abidjan ». Au point de prendre parfois des coups comme cette pierre sur l’œil droit dans la commune d’Attécoubé au cours d’une situation explosive de crise en mai 2019, finalement maitrisée.

Mais les heures de braises, Toh Bi en est coutumier. Lui qui cumule une quinzaine d’années d’expérience acquise à l’international, dans la conception, le suivi et l’exécution de programmes de gouvernance ou de sortie de crise. Les Nations-Unies, l’Union Africaine, l’Union Européenne…ont déjà eu recours au fils de Toh pour son expertise, à l’issue d’une fulgurante carrière à l’Institution EISA (Electoral Institute of Southern Africa), mise aujourd’hui au service de son pays.

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Pendant trois mois en effet, Toh Bi fut commis à la tête d’une délégation spéciale dans les communes du Plateau et de Port-Bouët, en remplacement de Jacques Gabriel Ehouo et du Docteur Sylvestre Emmou, pour la gestion des deux maires, afin de vider les contentieux post-électoraux dans ces deux circonscriptions, à l’issue des municipales d’octobre 2018.

En fin de mission, un vent de satisfaction à balayer des réseaux sociaux, les suspicions de départ. Cette connivence supposée avec le RHDP, parti au pouvoir, pour subtiliser au PDCI-RDA, son rival de l’opposition, la gestion des deux mairies, gagnées de hautes luttes dans les urnes.

Toutes ces actions ne sont pas sans conséquences. Elles ont une incidence notable sur l’image de l’administrateur.

L’effet miroir

L’acharnement au travail, la proximité avec toutes les couches sociales, la diligence dans le règlement des conflits, l’efficacité dans la gestion des crises, la vivacité dans la communication ont hissé le Préfet Hors Grade dans le cœur des ivoiriens.

Le capital image de Vincent Toh-Bi Irié est crédité positif auprès des internautes qui ne tarissent pas d’éloges à son endroit sur les réseaux sociaux. Pour eux, celui qui a « réinventé la fonction de Préfet d’Abidjan », ou du moins mis en exergue, est un « un homme admirable, symbole d’inspiration pour son époque et sa génération ». A  ce titre, il mérite « la reconnaissance de la nation ». Écrit en substance Ahmed D. Soumahoro et bien d’autres sur un forum Facebook ivoirien.

Au bout du compte, Vincent Toh-Bi Irié aura  réussi par le truchement des médias sociaux (c’est tout en son honneur), à se construire cette image d’homme d’action, soucieux du bien-être des populations. Une image d’homme d’État, un Moi futur auquel travaille ingénieusement, avec assiduité et dextérité,  le blogueur Hors Grade.

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Toh Bi Irié au vivrier de la commune d’Adjamé / Page Facebook officielle

 

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