Mesures contre le Covid-19 : un sentiment de soulagement mitigé

Article : Mesures contre le Covid-19 : un sentiment de soulagement mitigé
8 mai 2020

Mesures contre le Covid-19 : un sentiment de soulagement mitigé

Abidjan reste isolée tandis qu’à l’intérieur du pays, l’on sifflote désormais dans les rues comme un amant enchanté, soulagé. Un sentiment mitigé pour les populations de la capitale économique ivoirienne, épicentre de la maladie à coronavirus (Covid-19), face aux nouvelles mesures.

Les nouvelles mesures dans la lutte contre le Covid-19 annoncées jeudi par le président Alassane Ouattara dans une adresse à la Nation, maintiennent le Grand Abidjan en isolement.

Distanciation physique, port du masque obligatoire, renforcement du contrôle pour le respect des mesures barrières dans les marchés, les véhicules aux entrées et sorties d’Abidjan, sont et resteront le quotidien des abidjanais jusqu’au 15 mai. Avec seulement un aménagement du couvre-feu, désormais fixé de 23 heures à 4 heures du matin.  

Précédemment en vigueur de 21 heures à 5 heures du matin, ces sont  « 1 249 personnes qui ont été interpellées » du 24 mars au 6 mai pour sa violation. D’où certainement la satisfaction de Mariam S., blogueuse, exprimée sur les réseaux sociaux, affichant une photo d’illustration avec un grand sourire : « Couvre-feu de 23 h à 4h et reprise des cours á l’intérieur du pays.
Voici les deux mesures que j’attendais. Merci ! »
.

Comme Mariam, Yves K., chauffeur de taxi intercommunal (Plateau-Angré), salue la mesure liée au couvre-feu. Pour lui, c’est plus de temps pour optimiser sa recette journalière. Mais son plus grand souhait, sur la suppression port du masque à la prochaine décision gouvernementale. Il étouffe en dessous. Cependant il en porte un sur le menton pour sauver les apparences et éviter les amendes.  

Pas de bol pour Marie-Paule K., qui « (J’) espérais tellement la levée de l’isolement d’Abidjan pour aller voir ma mère. Elle me manque tellement ». Ecrit la journaliste, déçue.

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Si l’ambiance sur les bords de la lagune Ebrié reste en berne en général, dans les autres contrées du territoire ivoirien, ça jubile.  

Oui en effet, l’intérieur du pays où « aucun cas positif n’a été détecté depuis le 21 avril 2020 » bénéficie, en plus de la levée du couvre-feu et de l’autorisation de regroupement de 200 personnes, de la réouverture des espaces publics et des écoles.  

Madame Capet réside dans la ville de Man, où elle est très engagée dans la vie communautaire. Cette annonce est un baume au cœur qui la soulage à plus d’un titre. Elle peut enfin reprendre ces activités de plaidoyer en faveur l’accès aux soins complets de santé sexuelle reproductive avec les collégiens et lycéens.

« C’est une aubaine pour la réalisation enfin des focus groupes suspendus depuis cette crise sanitaire liée au Covid-19 et qui porte sur la prévention des grossesses non désirées et à risque. Ils se feront aves des associations de jeunes filles et des élèves. Un soulagement pour moi », déclare-t-elle.

Quid des enseignants, élèves et étudiants de villes de Bouaké (centre), Korhogo (nord), Man (ouest), Bondoukou (nord-est)…ayant replié sur Abidjan, dans le sud pour raison de Covid-19 ?

A ce propos, il faut savoir  « L’une des conditions désormais pour sortir du Grand- Abidjan est de se faire dépister et se voir délivrer un certificat de non-contamination ». Si l’on en croit au ministre de la sécurité, le Général Vagondo Diomandé qui au cours d’un point de presse ce vendredi, a appelé les forces de Défense et de Sécurité à une vigilance accrue et à la fermeté. Non sans réitérer les félicitations du Chef de l’Etat ivoirien aux 38 000 éléments engagés dans cette lutte contre le Covid-19.

« Une prime spéciale d’un montant de 50 000 F CFA par personne, pour la période des trois (3) mois du Plan de Riposte Sanitaire d’avril à juin » pour leur professionnalisme et leur engagement à accompagner les populations dans cette période difficile. Et surtout pour leur aide précieuse à la séquestration de la maladie à Abidjan, épicentre de la pandémie avec 98% des cas confirmés.

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(*) 15 mai : Date de prendre de nouvelles décisions en  fonction de l’évolution de la situation sanitaire.

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