Transformer l’agriculture dans l’ouest ivoirien

Article : Transformer l’agriculture dans l’ouest ivoirien
20 janvier 2020

Transformer l’agriculture dans l’ouest ivoirien

« Consommer local, l’avenir de l’alimentation en Afrique de l’Ouest « . Tel est le thème de la 7e édition du Forum des agripreneurs de Côte d’Ivoire ( FeproAgr) chapeauté par l’ABSL Kouady, et qui se tiendra dans la ville de Man, du 20 au 22 février prochain.

Daniel Oulaï, Étienne G et Paterne Messon/Jeff Amann – Libre Tribune ( De la gauche vers la droite)

Officiellement lancé le 17 janvier 2020 à l’espace OKO dans la commune de Yopougon, le FeproAgr est un forum qui depuis sept ans, travaille la transformation de l’agriculture paysanne dans l’ouest ivoirien.

« Cette initiative s’adresse en effet aux petits producteurs en zone rurale, véritables artisans de l’agriculture ivoirienne », a précisé Daniel Oulaï, fondateur de la startup agricole Grainothèque, chef de projet FeproAgr.

L’objectif de la 7e édition de ce rassemblement né de la volonté de jeunes agripreneurs originaires de cette même Région du Tonkpi est « le rapprochement des startups et les entreprises du monde rural, afin d’identifier des initiatives et solutions innovantes « . A confié Étienne Mehopeu Aggée, président du Comité scientifique du FeproAgr.

Contenu et défis du FeproAgr

Le forum, cette année, sera meublé selon les organisateurs d’ « Un programme atypique » pour in fine, « Apporter des outils adaptés au monde rural, sans vendre de la frustration ».

Autrement dit, cette rencontre annuelle des familles paysannes, des startuppeurs et des entreprises autour de l’agriculture dans l’ouest montagneux, doit permettre d’offrir des solutions innovantes et un accès aux matériels agricoles conformes à leur bourse de petits producteurs.

Ainsi, les quelques 1500 participants attendus cette 7e édition, contre 700 l’an dernier, auront le « marché des agriculteurs » qui expose des produits agricoles bio du terroir. Des B to B entre acteurs locaux et investisseurs; des rencontres porteurs de solutions et autorités locales ; des conférences et ateliers d’échanges sur les techniques innovantes d’irrigation, les technologies d’analyse des sols et de stockage ; des solutions de financement, sont autant de points à dérouler ces 20, 21 et 22 février prochain pour faire face aux défis qui ont motivé l’initiative FeproAgr.

Daniel Oulaï/CCO

Les deux grands défis de l’agriculture ivoirienne à en croire à Daniel Oulaï sont, primo la perte post-recolte et secondo, le poids des intrants chimiques sur les agriculteurs.

À ces questions respectivement liées au non accès des producteurs aux marchés de masse pour écouler leurs produits, au manque de moyens de leurs conservations et aux intrants chimiques qui font de l’agriculture ivoirienne, une agriculture de subsistance, le FeproAgr oeuvre non seulement à la réduction quantitative des pertes post-recoltes pour l’amélioration des conditions de vie des producteurs mais également celle du poids des intrants pour aller vers un mode de production de valeur.

Une transition crédible, sept ans plus tard

Placé sous le sceau de la maturité, le FeproAgr revendique trois résultats probants sortis des réflexions des précédentes éditions, et qui adressent les deux défis majeurs sus évoqués.

Au delà du financement et de l’encadrement des initiatives agricoles de jeunes de la ville de Sanguiné ( toujours dans le Tonkpi) comme l’a fait savoir Paterne Messon Gbéli, président du comité d’organisation, OKO est l’un des résultats des précédents FeproAgr. Il etait question de permettre aux agriculteurs des zones rurales d’avoir un espace en zone urbain pour réduire la chaîne de distribution et favoriser l’accès aux consommateurs, à des produits sains à coût raisonnable.

Un autre résultat, c’est l’introduction de la polyculture, ce mode de production qui intègre l’élevage à l’agriculture végétale dans l’ouest ivoirien. De sorte que ce système de production intégré réduit les intrants chimiques par l’utilisation des matières fécales animales comme fertilisants pour les champs. « Une transition crédible pour les petits agriculteurs  » selon Daniel Oulaï qui énumère tous ces acquis avec une grande fierté. Quand il aborde le point du Fab Lab, on peut voir les étoiles dans ses yeux.

En effet le Fab Lab agricole de la ville de Danané est le troisième résultat concret obtenu grâce au FeproAgr. Il s’agit d’un espace collaboratif de mutualisation des compétences et de décloisonnement de la science qui met en relation étudiants, chercheurs et de acteurs agricoles du monde rural pour rechercher des solutions durables pour l’agriculture paysanne qui à ses propres défis. Et par ricochet améliorer l’agriculture ivoirienne.

Éducation numérique, la Fondation Orange CI équipe Baby Lab

Pour lui, il est clair que le FeproAgr a un impact positif sur les conditions de vie des agriculteurs de l’ouest ivoirien et mérite de passer à l’échelle. Mais pour cela, il est impératif que l’appui institutionnel suive cette des jeunes agripreneurs de la région du Tonkpi dont Man est le chef lieu.

L'objectif de cette 7e édition de ce rassemblement né de la volonté de jeunes agripreneurs originaire de l'ouest ivoirien.
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